أخر الاخبار
...
...

تمازيغت

أخبار جهوية

أخبار وطنية

أخبار محلية

أخبار العالم

MELILLA

الفن والذاكرة

البيئة

الأربعاء، 23 أبريل، 2014

علي لمرابط يرد : مولاي هشام كما عرفته


Erspress.com

يمكن تنزيل الصور لقراءتها في حجمها الواسع


MOULAY HICHAM" tel que j'ai conu 


Le prince Hicham El Alaoui a publié un livre, » Journal d’un prince banni », paru chez Grasset, dans lequel, comme à son habitude il falsifie les faits et se donne le beau rôle. Au passage, il égratigne d’une manière puérile qui en dit long sur sa personnalité, le journaliste Ali Lmrabet, qui lui répond avec trois textes dont nous publions le premier.
Dans ce beau pays qui est le nôtre, mais ailleurs aussi, les gens écrivent leurs mémoires pour régler leurs comptes. Je trouve ce procédé légitime tant que les faits relatés épousent la vérité. J’ai moi-même été sollicité à plusieurs reprises par plusieurs grandes maisons d’édition, l’espagnole Planeta par exemple, et la française Le Seuil, pour accoucher sur le papier mes « impressions ». A la fin, j’ai renoncé. Le moment n’est pas encore venu pour que je m’étale sur ma vie. J’ai d’autres priorités plus terre à terre.
J’ai commencé ce préambule pour arriver à vous parler du livre du prince Hicham El Alaoui, connu sous le nom de « Moulay Hicham ». C’est un homme que j’ai connu et apprécié dans le passé et que j’ai défendu quand il résidait au Maroc et qu’il était en butte aux harcèlements des barbouzes du régime. Et naturellement, je n’ai jamais pris part à une campagne de presse contre lui. Cette attitude m’a créé plusieurs problèmes puisque son cousin, le roi du Maroc, ne m’a jamais pardonné d’avoir été l’un des rares journalistes à prendre sa défense. Ainsi, un jour, on m’a même fait comprendre que je gagnerais beaucoup à m’éloigner de ce type. « Critique le roi si tu veux, mais ne t’allie pas avec Moulay Hicham. C’est un manipulateur qui se venge de son cousin pour l’avoir éloigné du Palais », m’a-t-on expliqué. Mais je n’ai fait qu’à ma tête. Ce qui a accru les représailles contre moi.
C’est pour dire que jusqu’à ce que je lise le livre, je ne me considérais pas un adversaire de ce prince. Juste un journaliste qui essaye de faire son travail sans faire d’allégeance à quiconque. Et je ne pensais vraiment pas que « Moulay Hicham » allait dans « Journal d’un prince banni » me dénigrer gratuitement et réécrire l’histoire à sa manière. Vraiment, je ne croyais pas qu’il serait capable de ce genre de vilenies.
Le livre de « Moulay Hicham » est sorti le 9 avril. Le soir même, alors que la version PDF du livre circulait déjà sur le net (et je crois sincèrement que c’est lui qui l’a diffusé sur le net), un ami, directeur d’un quotidien arabophone de Casablanca, m’a sollicité pour une interview. Sans y réfléchir une seconde, j’ai refusé parce que je ne voulais pas m’associer à la meute qui a été lancée contre le prince. Mais vers midi, un confrère m’a envoyé le PDF en me signalant que MH me « dédiait » deux pages de son livre. Plus tard, j’en ai découvert quatre pages. Et ce n’était pas joli. Il brossait de moi un portrait pour le moins fallacieux, se donnait le beau rôle et réglait, à travers moi, des comptes avec les siens et quelques autres personnalités marocaines. Dans ce livre, MH, comme il signe ses messages, met dans ma bouche des phrases que je n’ai jamais prononcées, et raconte des situations qui n’ont jamais existé.
C’est pour cette raison que j’ai décidé de répondre et de remettre les pendules à l’heure. J’opinerai une autre fois sur son livre. Pour le moment, je vais uniquement parler de ce qu’il me prête dans son livre.
Commençons par le commencement.
MH raconte qu’on se serait « croisés chez un ami commun, un diplomate » (p. 255). En fait, il s’agit de Thami El Glaoui, petit-fils du pacha Thami El Glaoui et actuel chef de la mission diplomatique marocaine en Afrique du Sud. Thami est un ami d’enfance de MH qui a étudié avec lui à l’école américaine de Rabat. El Glaoui avait été mon collègue de bureau à la Direction Europe-Amérique des Affaires étrangères, au début des années quatre-vingt-dix. Un jour, Thami m’a appelé pour m’inviter à dîner chez lui. Quand je suis arrivé, je me suis retrouvé face à face avec Hicham El Alaoui. Plus tard, Thami m’expliqua qu’il m’avait invité parce que le prince voulait me connaître. C’est ainsi que débuta ma relation avec lui.
Pourquoi je l’ai fréquenté alors que déjà à l’époque il avait une réputation d’exalté ? Parce que « Moulay Hicham » était une formidable source d’informations impossible à trouver ailleurs et que d’ailleurs personne, saufDemain et Le Journal d’Aboubakr Jamaï, ne pouvait publier.
Un jour par exemple, il m’a appelé pour me signaler que l’un des chauffeurs-gardes du corps de Driss Basri qui conduisait le fils (ou la fille) d’une fille de l’ancien ministre de l’Intérieur venait tout juste d’être kidnappé par la DST du général Hamidou Laânigri dans le quartier de l’Agdal. MH m’expliqua que l’enfant était resté plusieurs heures abandonné dans la rue. J’ai publié l’information dans Demain magazine. Mais, je n’ai eu confirmation de cette information que des années plus tard, quand la propre victime de l’enlèvement, un certain Bounou, me raconta tout chez Driss Basri à Paris.
MH m’a aussi expliqué comment fonctionnait le Makhzen dont il était issu, et m’a donné des détails sur la personnalité de Mohamed VI. Il faut dire que « Moulay Hicham » nous passait ces informations au téléphone et en sachant pertinemment que nos portables étaient sur écoute.
Ali Amar (Photo DR)
C’est pour cela que j’ai été grandement étonné quand, il y a deux ans, je l’ai vu et entendu menacer de « casser la gueule à Ali Amar » (qui n’était pas présent) en s’appuyant sur un sonore « Din mouh ». Le prince était fâché parce que dans l’épilogue de son livre, « Le grand malentendu », qu’il venait de publier chez Calmann-Lévy, Amar remerciait chaleureusement « Moulay Hicham » et sa femme, Malika Benabdelali, pour avoir partagé avec lui « leurs connaissances du sujet ». En fait pour lui avoir transmis de précieux renseignements sur la cour de Mohamed VI.
Ce jour-là, le « din mouh » et le geste fait par « Moulay Hicham » comme pour casser un objet, m’a révélé une personnalité inquiète et violente. Le geste fait par le prince était la réaction typique du makhzenien de Dar El Makhzen habitué à donner des ordres et à frapper les domestiques. Loin, très loin, de cette image fleurie d’un prince « démocrate » et proche du peuple. Cela m’a rappelé une autre épisode, vers le début des années 2000, quand après s’être rendu compte qu’il était suivi par des agents de la DST, il arrêta brusquement sa voiture, descendit et commença insulter les pauvres « chékamas » qui le pistaient. « Aji, aji le’mouk… ! » (Viens, viens, p… de ta mère), leur lança-t-il.
Moi, quand je suis suivi, j’ignore mes suiveurs. Mais pour MH cette attitude est insupportable et il croit qu’il a l’obligation de réagir. Et oui, on a beau se présenter comme un « moderniste », on est ce qu’on est. On ne peut se défaire facilement de ses gènes makhzeniens autoritaires.
Maintenant allons au texte.
MH assure que je l’aurais croisé dans l’immeuble où habiterait l’ancien chauffeur de son père et qu’il s’est senti « piégé » quand il est entré chez moi. C’est un pur mensonge. J’étais ce jour-là avec mon ami l’humoriste Ahmed SnoussiBziz, dans la rue quand il m’a appelé au téléphone. Je lui ai alors expliqué que j’étais avec Bziz et il m’a répondu, excité : « Où est-ce que vous êtes ? Je veux vous voir, je veux vous voir ». Quelques minutes après, il se pointait à la porte de l’immeuble situé au 7 rue Taïeb Labsir, dans le quartier de l’Agdal de Rabat. Comme sa présence attirait les regards, il m’a dit quelque chose du genre « où est-ce qu’on peut s’abriter ? ». Je lui ai alors proposé d’entrer chez moi.
Mon appartement était effectivement un capharnaüm, comme tout appartement de célibataire. Il y avait des livres partout et des documents d’archives que j’épluchais pour ma thèse de doctorat, mais il n’y avait pas de marmites ni de cacahuètes. Et encore moins d’argent caché je ne sais où. S’il y avait un quelconque trésor, je l’aurais bien caché sans le laisser à la vue du premier venu qui entre chez moi.
Dire qu’il s’est senti « piégé » en entrant chez moi, est blessant pour moi, et c’est pour cela que je me pose ces questions : Pourquoi MH ne s’est jamais senti « piégé » quand il m’a convié une dizaine de fois chez son ami El Glaoui ? Pourquoi ne se sentait-il pas « piégé » quand il me harcelait au téléphone pour me commenter telle affaire ou me refiler telle information ?
Quant au récit qu’il fait de sa visite à l’aile des prisonniers de l’hôpital Avicenne de Rabat, je vais raconter ma version, appuyée sur des informations que n’importe quel élève de première année d’école de journalisme peut recouper.
Un jour alors que j’étais à mon 45e ou 46e jour de grève de la faim, je le vois débarquer. Contrairement à ce qu’il raconte, il n’y a eu aucun « vive le roi » à son passage, pour la simple raison que personne ne l’a reconnu. Je ne dis pas à l’extérieur puisque je n’y étais pas.
Premier mensonge, il assure que j’étais assis sur une chaise. Non ! J’étais alité.
Deuxième mensonge, il dit que je lui aurais lancé : « Ah, c’est pour à qu’on a lavé la cellule aujourd’hui. Tu viens parce que Sidna t’envoie ». C’est faux ! La grande salle, et non la « cellule », était lavée pratiquement tous les jours parce que j’avais déjà reçu quelques visites comme celle de Robert Ménard, secrétaire général de Reporters sans frontières (RSF), celle de la sénatrice française du Parti des Verts Mme Alima Boumediene-Thiery, et aussi celle deux députés français envoyés par le président de l’Assemblée nationale,Jean-Louis Debré, sur récommendation du président de la République française, Jacques Chirac. Il s’agissait d’Alex Poniatiowski de l’UMP, et deGeneviève Gaillard du Parti socialiste.
Et puis, tout le monde sait que je n’utilise jamais le vocable « sidna ». Contrairement à lui, ou à celui qui lui écrit le livre.
Troisième mensonge, il n’y avait aucun agent de la DST avec « un pansement dans le cul » (Quelle noble littérature !). Il y en avait peut-être un mais je ne l’ai pas détecté. Et d’ailleurs je men foutais totalement.
Quatrième mensonge, il n’y avait aucun camerounais avec nous qui l’aurait apostrophé de la sorte : « Vous, ça fait un moment que je vous suis dans la presse internationale Je savais que ça se terminerait comme ça, qu’ils finiraient par vous mettre en prison! ». Allah, quelle imagination !
Il y avait deux pauvres hères, deux nigérians dans l’un avait les bras brisés à cause d’une agression. Les deux ne parlaient pas français. Et puis supposons qu’un camerounais ait vraiment existé, ce qui n’est absolument pas vrai, comment un immigré clandestin, qui ne connaît rien du Maroc, et encore moins des turbulences de la famille royale, puisse apostropher le prince de la sorte ? C’est du pur Hollywood !
Cinquième mensonge : La « diatribe contre les Alaouites d’une violence et d’une vulgarité impossible à reproduire », écrit-il. Pourquoi ne reproduit-il pas cette « diatribe » ?
Premièrement, il n’y a pas eu de diatribe contre les Alaouites ou contre quiconque. Demandez à ceux qui ont fait de longues grèves de la faim si après 45 jours de grève ils étaient encore capables de lancer des « diatribes ».
Deuxièmement, si c’est tout à fait probable que je m’en prenne au roi, jamais je n’ai mis dans le même sac tous les Alaouites. C’est aberrant ! Pourquoi devrais-je impliquer toute la famille royale dans mon combat contre le régime ?  Et comment aurais-je pu être « violent » et « vulgaire » envers les Alaouites devant MH qui est lui-même alaouite ?Ce serait manifestement un manque de respect. Une « diatribe » contre Mohamed VI, c’est probable, mais pas ce jour-là. Dans mon pays, le Rif, que MH traîne dans la boue en taxant dans son livre tous ses habitants de trafiquants de drogue, on respecte les mandataires, les envoyés. Ils bénéficient de l’ « aman » et on ne les insulte pas. Ni eux ni leur famille.
Je ne sais pas si au Liban ces règles d’honneur et de bienséance existent, mais dans le Rif elles font partie de nos gènes. Demandez au journaliste espagnolIgnacio Cembrero du quotidien El Pais ce qui est arrivé un jour quand il a été pris à partie par sept agents de la DST (à l’époque de Laânigri) dans la médina de Rabat et qu’il est venu se réfugier dans mon bureau qui se trouvait en face de Bab El Had ? Je suis sorti dans la rue, je les ai affronté et mis en déroute.
C’est pour cela que MH se venge de sa famille en me faisant dire ce qu’il voudrait dire à sa famille qui l’a expulsé du sérail.
Le type qui m’avait mis en prison s’appelait et s’appelle le roi Mohamed VI. Je n’ai absolument rien contre « Lalla Meriem », ni « Lalla Soukaina », ni « Lalla Tartempion ». Je n’ai rien non plus contre son frère, l’affairiste « Moulay Ismaïl », même si « Moulay Hicham » m’a fourni assez d’informations assez gênantes contre son frère que je n’ai pu recouper. Comme par exemple, cette histoire de complexe immobilier au quartier Gauthier de Casablanca dont l’un des concepteurs et financiers, un associé de « Moulay Ismaïl », aurait été, selon MH, interrogé par la DST après une sombre affaire d’arnaque.
Omar Azziman
Omar Azziman (Photo JA)
Et enfin, pour ce qui est de boire « des litres et des litres d’eau dans l’espoir de pouvoir uriner » sur une délégation du Conseil consultatif des droits de l’homme (CCDH) qui était venue me rendre visite, je trouve cette histoire non seulement d’une vulgarité extrême, mais d’un manque total de respect envers moi, envers le président du défunt CCDH, Omar Azziman, ainsi qu’envers les personnes qui l’accompagnaient.
Et franchement que pourrais-je répondre quand MH écrit que j’aurais jeté surMehdi Qotbi qui faisait partie de la délégation une « vieille savate puante » que m’aurait léguée ma « tante » ?
Premièrement, si je buvais effectivement beaucoup d’eau, et apparemment « Moulay Hicham » ne s’en est pas rendu compte, c’est parce que c’est la seule chose qu’ingurgitent les … grévistes de la faim.
Deuxièmement, je n’ai pas de tante du côté de mon père (à moins de parler d’une demi-sœur de mon père que je n’ai pas revu depuis 40 ans), et la seule tante que j’avais du côté de ma mère, Mahjouba, est morte il y a seulement deux ans.
La vérité c’est que j’ai reçu poliment la délégation du CCDH, et j’ai même plaisanté avec elle. Si on excepte les défunts Driss Benzekri et l’ancien ministre de la santé, le docteur Abderrahim Harouchi, tous les membres de cette délégation sont encore en vie.
D’ailleurs, Mehdi Qotbi vient de confirmer mes dires.
Maintenant, parlons des conversations que j’ai eues avec MH durant les trois jours durant lesquels il m’a rendu visite. Jusqu’à aujourd’hui, je n’avais jamais voulu en parler pour la simple raison que je respecte la confidentialité des conversations que j’aborde avec mes interlocuteurs. Mais du moment que « Moulay Hicham » a rompu cette règle, je vais le faire à mon tour.
Quand « Moulay Hicham » est venu pour la première fois, il m’a expliqué qu’il avait contacté le ministre de la justice de l’époque, Mohamed Bouzoubaâ, pour lui demander l’autorisation de me visiter. Le ministre, naturellement, ne lui avait pas répondu. Mais voilà, me raconta-t-il, qu’un soir il voit débarquer chez lui le prince « Moulay Rachid ». Ce dernier était porteur d’un message de Mohamed VI. Le roi l’autorisait à me rendre visite à la prison pour essayer de me convaincre d’arrêter la grève de la faim. Au passage, il m’a expliqué que « Moulay Rachid » l’avait un peu sermonné. « Pourquoi tu fréquentes ce Lmrabet après tout ce qu’il a écrit sur mon frère ? ». MH lui aurait alors répondu, selon ses propres dires, que la seule chose qu’il cherchait c’était d’arrêter cette tragédie.
Il faut préciser que MH est toujours à l’affût de n’importe quelle affaire qui puisse rappeler au monde qu’il existe. Il l’a fait avec des grévistes de la faim, il l’a fait avec Le Journal quand ce dernier fût condamné à une peine astronomique suite au procès intenté par le sioniste belge Claude Moniquet, il l’a fait avec moi et il l’a fait avec Nadia Yassine qui, et cela il ne le dit pas dans son livre, l’a envoyé balader. Il donne de l’argent aussi à des journalistes, paie leurs factures d’hospitalisation et, d’une manière ignoble, le fait savoir à tout le monde (j’y reviendrai dans le prochain article).
Je tiens à préciser ici que contrairement à ce qu’on pourrait croire, M6 n’a jamais promis de me libérer si j’arrêtais la grève de la faim. « Moulay Hicham » a dit et répété qu’il venait en tant qu’« ami ». Ce qui m’a surpris. Je ne suis pas et je n’ai jamais été son ami. Je ne suis jamais chez lui, ni à Rabat, ni à Paris ni ailleurs. La seule chose qu’il m’a jamais payé c’était une soupe aux légumes dans un café de Paris. Une soupe qui lui a coûté 9 euros (un peu moins de 100 DH). Les princes n’ont pas d’amis, ils n’ont que des serviteurs.
Je n’avais pas non plus, comme il le prétend, l’intention de me « suicider ». La grève de la faim est le meilleur moyen pour attirer l’attention de l’opinion publique et de la presse quand on est victime d’une grande injustice.
Quand MH est venu me voir, la presse internationale parlait de moi, mon affaire était connue. La bataille était gagnée comme me l’avait dit Robert Ménard. J’avais reçu les visites de parlementaires français, comme je l’ai signalé plus haut, mais aussi du directeur de l’hôpital Avicenne, le professeur Wajih Maâzouzi, que je connaissais personnellement, ainsi que de personnalités marocaines qui ne m’ont jamais autorisé à révéler leur identité.
La bataille médiatique était gagnée, alors comment arrêter la grève de la faim ? C’est là où « Moulay Hicham » m’a suggéré d’annoncer lui-même la nouvelle.« Tu vas voir, si c’est moi qui l’annonce Mohamed VI aura une syncope !», m’a-t-il dit.
J’avoue que j’ai trouvé l’idée excellente, même si cela signifiait que j’allais rester en prison pour longtemps et que des représailles allaient s’abattre sur moi. J’ai écrit un mot et je le lui ai remis. Plus tard, j’ai raconté cette histoire à l’un des mes avocats qui m’a gentiment mais fermement sermonné. « Les coups bas entre le roi et son cousin ne sont pas ton combat », m’a-t-il dit.
Aujourd’hui, je peux dire que je regrette. Mais cela m’a servi de leçon. Cela m’a permis de comprendre la mentalité de ce type qui telle une femme de joie s’accroche à toutes les perches pour frapper son cousin. C’est l’une des raisons qui m’ont poussé à me distancer de lui. D’ailleurs, quelque temps plus tard, j’ai demandé par écrit au directeur de la prison de plus permettre que quiconque vienne me rendre visite. Je visais « Moulay Hicham », mais aussi une sœur qui s’était permis, sans mon consentement, d’aller négocier ma libération avec l’ancien ministre de la justice, Omar Azziman.
Enfin, écrire que je suis allé « panser mes plaies en Algérie » après ma sortie de prison, alors que lui est un « nationaliste vieux jeu », c’est supposer que je suis un traître alors que lui est un patriote. Voilà l’une des raisons qui m’ont poussé à répondre à MH.
Premièrement, après ma sortie de prison, et cela est facile à prouver en me pistant dans la presse internationale, je suis allé en France pour une conférence organisée par Robert Ménard au siège de Reporters sans frontières à Paris. Puis, ou peut-être l’inverse, je suis allé à Madrid pour donner une conférence au siège du Centre Fride qui édite la revue Foreign Policy en espagnol, et enfin, grâce au professeur Rafael Grasa j’ai été hospitalisé à l’hôpital Vallcarca de Barcelone pour un check-up.
Aller « panser ses plaies » en Algérie, alors que je pouvais aller le faire en France, en Espagne et même aux Etats-Unis comme on me l’a proposé, le choix était vite fait.
C’est pour cela que si le Maroc était une démocratie et si nous avions le droit d’accès à l’information (droit de chaque citoyen à avoir accès à l’information qui se trouve entre les mains du gouvernement) inscrit dans la Constitution, n’importe qui aurait découvert que le cousin du roi du Maroc est un menteur et que son nègre Ahmed Réda Benchemsi est un affabulateur.
Reste l’essentiel. Mais pourquoi MH m’en veut à ce point pour tenter de flétrir ma dignité.
Premièrement, parce que « Moulay Hicham », en bon makhzenien autoritaire, n’a jamais accepté que je prenne mes distances avec lui. Après ma sortie de prison, il voulait que j’utilise mon aura et ma « nouvelle notoriété » à son service, c’est-à-dire à rejoindre le ruisseau de journalistes qu’il a corrompu pour défendre sa prétention à devenir un jour roi à la place du roi. Or, changer un dictateur pour un autre dictateur, ce n’est pas ma tasse de thé.
Deuxièmement, parce que celui qui a écrit le livre, ce n’est pas « Moulay Hicham ». C’est son histoire, certes, mais ce n’est pas MH qui a écrit le livre. Il n’en a pas la capacité intellectuelle comme on peut le voir dans cet email qu’il m’a envoyé pour essayer de me convaincre de déposer plainte contre le général Hamidou Laânigri. J’ai bien entendu refusé. C’est pas « Moulay Hicham » qui gouverne mon agenda.


Le mail de Moulay Hicham « conseillant » à Ali Lmrabet 
de déposer plainte contre le général Hamidou Laânigri.
L’auteur du livre s’appelle Ahmed Réda Benchemsi, qui a un long litige personnel avec moi, et qui a sûrement rajouté quelques tenaces rancoeurs dans le livre de son maître. J’y reviendrai.
Ali Lmrabet
Prochain épisode : « Moulay Hicham » et ses amis, ou comment MH a corrompu des journalistes.
عن دومان أونلاين









مواضيع مشابهة :

ليست هناك تعليقات :

إرسال تعليق

جميع الحقوق محفوظة ©2013